La GEMAPI (GEstion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) traite de l’état des berges et de ses boisements, des matériaux (sables, graviers, cailloux) que transporte la rivière, des systèmes d’endiguement, des zones humides, etc. Le bon fonctionnement des milieux aquatiques passe également par une gestion de la ressource en eau, en quantité comme en qualité, et par une cohérence d’actions entre amont et aval, entre rive gauche et droite.

La prise de compétence du « Grand cycle de l’eau »

En application de la nouvelle stratégie d’organisation territoriale validée par les collectivités du territoire, le SILA est depuis le 1er janvier 2022 en charge de la totalité de la compétence GEMAPI (études + travaux) sur le bassin Fier & lac d’Annecy.

Carte BV
Périmètre du territoire à risque d’inondation

GEMA + PI = stratégie « gagnant-gagnant »

Qu’est-ce qu’un cours d’eau qui fonctionne bien ?

C’est un cours d’eau qui évolue sans entrave dans un espace suffisant (dit « espace de bon fonctionnement ») : il présente des écoulements variés, il transporte librement des sédiments et il est en connexion avec les milieux riverains (forêt alluviale, nappe alluviale, zone humide…).

Le bon fonctionnement d’une rivière et de ses annexes (zones humides, boisements de berge, plaine d’inondation, nappe alluviale) offre de nombreux services à la société : régulation des inondations et dissipation de l’énergie en crue, fertilisation des plaines alluviales, abri pour une faune et une flore diversifiée, autoépuration des eaux, ressource pour l’eau potable, secteur propice à la détente et à l’accueil du public…

Le respect du fonctionnement naturel du cours d’eau contribue à l’atteinte du bon état écologique au sens de la Directive Cadre sur l’Eau (Directive européenne) : une rivière en bon état est capable d’offrir à la faune et à la flore aquatique une grande diversité de milieux avec une eau exempte de tout polluants.

Comment y parvenir ?

L'espace de bon fonctionnement
L’espace de bon fonctionnement

 

Dans le cadre du Contrat de bassin, de nombreuses actions visent à améliorer le bon fonctionnement des cours d’eau du territoire.

Découvrez les solutions en vidéo !

 

 

 

Fier Amont
Fier Amont – crédit Yannick Perrin

Pour pouvoir protéger et si besoin restaurer l’espace de bon fonctionnement des cours d’eau, il est nécessaire de le cartographier. Cette démarche a débuté en phase d’élaboration du Contrat et se poursuit sous la responsabilité du SILA, avec pour objectif une couverture de l’ensemble des cours d’eau principaux du bassin. Une rivière naturelle recherche en permanence son équilibre entre les matériaux qu’elle déplace (pierres, graviers…) et l’eau qu’elle peut évacuer. Elle y parvient en déposant une partie des sédiments qu’elle transporte et en érodant ses berges. Parfois, cet équilibre peut être rompu par un apport massif de matériaux lors d’une crue, des prélèvements de matériaux pendant plusieurs dizaines d’années par l’Homme, la construction d’un pont ou d’un seuil bloquant le transit des sédiments…

 

Le plan de gestion sédimentaire, porté par le SILA, va définir des outils permettant de suivre l’évolution du transport solide sur le bassin versant, d’identifier les actions cohérentes à mettre en œuvre pour maintenir l’équilibre.

Quelques exemples d’actions :

  • Le Viéran est un cours d’eau qui a été fortement perturbé à partir des années 70. Son lit a été déplacé et rectifié sur un linéaire important. Grand Annecy a lancé une mission de maîtrise d’œuvre visant à renaturer la partie aval ce cours d’eau à fort potentiel écologique.
  • La CCSLA œuvre depuis de nombreuses années à la restauration du fonctionnement de ses cours d’eau. La rivière Saint Ruph / Glières / Eau Morte (trois dénominations de l’amont vers l’aval) a notamment fait l’objet d’un travail approfondi, avec la renaturation de la plaine de Mercier, puis la restauration des continuités écologiques dans la traversée de Faverges.

La stratégie locale de gestion des risques d’inondations (SLGRI)

Formation PCS au SILA
Formation PCS au SILA

En application de la directive européenne « inondation » de 2007, des Territoires à Risque Important d’Inondation (TRI) ont été identifiés sur tout le bassin Rhône-Méditerranée. Le TRI d’Annecy, interrompu en 2012, couvre 15 communes. Il correspond à la zone dans laquelle les enjeux (humains et économiques) potentiellement exposés aux inondations sont les plus importants.

 

 

 

Ruisseau du Marais de l'Aile
Ruisseau du Marais de l’Aile – © Yannick Perrin

La Stratégie Locale de Gestion des Risques d’Inondation (SLGRI) du TRI d’Annecy, validée en 2016, est définie à l’échelle du bassin Fier & Lac d’Annecy. Elle vise à réduire les conséquences dues à des inondations à l’intérieur du périmètre du TRI d’Annecy. Elle répond à trois grands objectifs :

  • Améliorer la résilience des territoires exposés ;
  • Organiser les acteurs et les compétences ;
  • Développer la connaissance sur les phénomènes et les risques d’inondation.

Les objectifs de la SLGRI se traduisent en actions concrètes, portées par différents acteurs du territoire.

On peut contribuer à la sécurité des populations face aux crues en redonnant un fonctionnement plus naturel à la rivière. Les solutions techniques à mettre en œuvre s’articulent autour de trois idées clés :

  1. laisser plus d’espace à la rivière,
  2. ralentir les écoulements de la rivière,
  3. gérer l’eau par bassin versant.

En savoir plus

Quelques exemples d’actions :

  • La CCSLA poursuit le travail de réduction de la vulnérabilité au risque inondation sur les hameaux de Sollier, Verthier et la Reisse sur la commune de Doussard : la phase étude se termine et de premiers travaux sont envisagés.
  •  La CCVT porte des travaux sur le Nom dans la traversée de Thônes pour réduire le risque inondation.
  • Les services préfectoraux, en partenariat avec le SILA, accompagnent les communes intéressées pour l’élaboration de leurs Plans Communaux de Sauvegarde, via des sessions de formation gratuites organisées dans les locaux du SILA.
  • Le SILA sensibilise et informe les acteurs du territoire quant à leur vulnérabilité au risque inondation : alimentation électrique, télécommunications, alimentation en eau potable, assainissement, réseau de transport…

La ressource en eau

La situation actuelle et les perspectives

Cours du Laudon à sec pendant l’été
Cours du Laudon à sec pendant l’été

Les études réalisées en phase préalable du Contrat de bassin Fier & Lac d’Annecy montrent que le bassin versant connait des tensions sur certains secteurs, dues aux pressions d’usage et à des périodes de plus en plus fréquentes de déficit pluviométrique doublé de températures très élevées. Les étiages entre juillet et septembre sont marqués et, selon les années, peuvent se prolonger jusqu’en octobre.
La baisse spectaculaire du niveau du lac d’Annecy en 2018 constitue un exemple très démonstratif de ce phénomène, qui risque de s’amplifier dans les années à venir dans un contexte avéré de changement climatique.

 

La stratégie d’action

Le bassin Fier & Lac se doit d’anticiper l’avenir en réfléchissant dès à présent aux modalités de partage de la ressource pour satisfaire les différents usages.

Station de mesure des débits sur la Bornette - © DREAL
Station de mesure des débits sur la Bornette – © DREAL

La première étape consiste à améliorer la connaissance disponible : le réseau actuel de stations de suivi des débits des cours d’eau n’est pas suffisant pour caractériser précisément la situation sur le territoire. Il est donc essentiel de compléter ce réseau en créant de nouvelles stations pérennes, sur des secteurs pré-identifiés comme à enjeux. Les élus du territoire ont validé le principe de ce nouveau réseau en 2019. Cette première étape est achevée, elle a été mise en œuvre durant les années 2020 et 2021.

Les données de débit collectées par le nouveau réseau serviront de base à la réalisation d’études dites quantitatives, qui vont permettre d’appréhender précisément la ressource disponible et de la comparer avec les besoins du milieu naturel et liés aux usages anthropiques. Si des tensions sont identifiées, des discussions seront menées pour aboutir à un partage équitable de la ressource. Ces études sont en cours, elles ont été lancé en début d’année 2022.

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